Depuis trois décennies, Larbi Cherkaoui explore le champ de la lettre arabe, poursuivant son travail à la manière des soufis qui s'intéressent moins à l'objectif qu'au chemin à parcourir en vue de l’atteindre. Dans cette exposition, Larbi Cherkaoui porte la lettre à des expérimentations inédites, passant du grand à l’infiniment petit. Les petites lettres assemblées dans des masses compactes imposent une présence et un rythme dynamique qui les font apparenter à des essaims d’abeilles, capables de modifier leur trajectoire ou de bondir de l’œuvre.
Comme l’écrit le critique d’art Abderrahman Benhamza : "Élément éminemment plastique, la lettre de Larbi Cherkaoui, isolée et centralisée, se veut, a priori du moins, un " artefact " performé et efficace. Un coloris binaire (rouge et noir) l’habille, complété par un camaïeu adéquat, fait de gris safranés ou orangés. Larbi Cherkaoui a approfondi un peu son modelage lettral habituel, le conformant toujours à sa technique fondamentale basée sur le rythme, l’équilibre et le contraste."
