À travers cette nouvelle série, conçue lors de sa résidence casablancaise, Hako Hankson interroge la place de la peinture dans un monde traversé par des tensions géopolitiques. Sans céder à une logique de témoignage direct, l’artiste déploie une œuvre profondément habitée, où l’expérience intime se mêle à une portée universelle. Le portrait continue de dominer les genres exploitées par l’artiste, mais il s’y enrichit d’une dimension narrative, épique et mythique qui ouvre la peinture à un dialogue fécond entre cultures, héritages et imaginaires.
Dans le texte du catalogue d’exposition, l’écrivain Olivier Rachet éclaire la démarche de l’artiste en ces termes : « La dernière série à laquelle s’est consacré le peintre s’inscrit ainsi dans un ancrage culturel fort, et si le genre du portrait continue de régner en maître, la dimension narrative, mais aussi épique et mythique, de cette peinture apparaît désormais dans toute son universalité. »
Et de poursuivre : « Pour autant, il serait erroné d’attribuer à cette peinture une dimension exclusivement ethnographique. Au contraire, elle se nourrit constamment d’un dialogue avec une histoire de l’art, par nature universelle, et avec son contexte de production marocain qu’on aimerait qualifier de fraternel. Une consanguinité d’esprit relie ces portraits à la peinture cubiste de Picasso, elle-même nourrie de la découverte fascinée de ce qu’on appelait au début du siècle précédent un art « primitiviste ». Masques totémiques, statuaire sacrée retrouvent ici toute leur puissance visuelle. Mais c’est avec un art urbain privilégiant avec le graffiti la rapidité d’exécution, que la peinture de Hankson résonne surtout. »
