Le football est un vecteur de passions, de plaisirs, d’angoisses et de communion entre les humains, tous genres, âges et classes sociales confondus. Difficile de trouver une autre pratique qui montre un tel attachement de notre espèce au jeu. Johan Huizinga a écrit un livre sur l’impérieuse nécessité des hommes à s’adonner ou assister au jeu : Homo Ludens, essai sur la fonction sociale du jeu. A tel point qu’il considère que l’appellation Homo sapiens convient moins bien à notre espèce que celle de Homo Ludens. C’est assurément le football qui cristallise le mieux l’attachement de notre espèce aux activités ludiques.
Cette exposition collective a pour objectif de confronter les artistes plasticiens au football. Que des artistes s’emparent de ce jeu qui déchaîne si bien les passions que certains n’hésitent pas à le comparer à une religion, cela n’est pas nouveau. En effet, de nombreux artistes, comme Toulouse-Lautrec, Picasso, Magritte ou Hockney se sont intéressés au football. Ce thème a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs expositions internationales, mais il demeure inédit au Maroc.
L’art n’est qu’un jeu. Cette assertion prend une tournure vertigineuse dans le cadre d’une exposition portant sur le football. Car cette thématique peut renvoyer les artistes vers leur propre pratique Dans le football, il y a un gagnant et un perdant. L’art ne ressemble-t-il pas à une partie difficile que l’artiste engage avec son œuvre ? Pour reprendre le jargon footballistique, un artiste qui ne mouille pas son maillot, qui ne s’engage pas entier dans son œuvre, livrera rarement une partie ou une œuvre qui passionnera les spectateurs. Qui perd gagne ? Marcel Duchamp disait bien : « en art, il n’y a pas de gagnant ». Au football, il y en a toujours un.
