L’art pour l’espoir, une exposition collective qui réunit les œuvres de 27 artistes marocains qui ont accepté de dévoiler une part intime de leur vie au regard du public. Le thème de cette exposition est intimement lié à la crise sanitaire qui vampirise l’actualité depuis le mois de février.
« Tout mal auquel nous ne succombons pas est un bienfaiteur pour nous. ». C’est de cette phrase d’Emerson que s’est inspiré Nietzsche pour écrire, dans Le Crépuscule des idoles et tout en rompant avec le prédicat moral et communautariste de son prédécesseur : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Une phrase devenue une sorte d’adage populaire pour dire la résilience et l’espoir. Et il n’est plus éloquent, plus puissant espace de résilience et d’espoir que l’art en ces temps hébétés, étrangement suspendus, comme un deuil, deuil de nous-mêmes, du monde tel que nous le vivions, sur la peau duquel nous vivions et qui nous a été brusquement arraché.
Plus que jamais, dans cette épreuve que nous vivons tous de l’enfermement et de la peur face à la pandémie, nous avons besoin de ce que l’art crée de sens, de force et de beauté. Une beauté agissante qui éveille en nous ces sentiments dont nous pensions qu’ils ne pourraient plus prendre place avant longtemps : la joie, l’amour, l’émerveillement et oui, l’espoir. Et pourtant… Plus que jamais, nous avons besoin de cet espace sensible qui nous ramène à nous, nous enlève à la solitude dans la fascinante communion des souffles pris dans la même vague, le même ressac, le même silence inspirant expirant jusqu’au jaillissement.
